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Regards Impressionnistes (Eossienne)

... parfois impertinents ?

May 18

VOYAGE EN LUTTOPIE

VENDREDI 29 MAI à partir de 19h au Théâtre de la Commune

2, rue Edouard Poisson  93300 Aubervilliers

Le Collectif ESORS s’attaque cette année à un utopotame : nos luttopies, communes et singulières . Parcours et rencontre d’hommes et de femmes ordinaires: Cuisinier, dame-pipi, ouvrier, caissière, vestiaire, vendeur de babioles à l’entr’actes, serveur, ou simple passant...

Ils rêvent de géraniums qui sentiraient la fraise, de révolutions tous les jours, de vents de caresses dans les rues des grandes villes, d’idéalchimie amoureuse, de gants en caoutchouc qui permettraient de retrouver plus vite un objet égaré, …bref d’un idéalautremonde.

Au détour d’un voyage, d’un couloir, d’un repas, ces utopirouettes vous invitent à découvrir une autre façon de concevoir l’échange. Vous laisserez-vous tenter par un tabourêve, un narpsych, un thermopoil ou un velouté anti-crise... A moins que vous ne préfériez bien sûr une part du gâteau de la Nouvelle République ou un verre d’idéaligoté !

A l’issue de ce voyage, un cours improvisé de danse argentine vous sera proposé.

UTOPIROUETTE: Individu interrogeant ses contemporains sur la construction d'un nouveau modèle de société au moyen du rire ou de la farce. Par extension: artiste engagé. (faux amis: utopiplette: homme politique) LUTTOPIE: Engagement, personnel et collectif pour une société humaine et humaniste, porteuse de sens. UTOPOTAME: Idéal de taille... exp: Rencontrer l'âme soeur ? ... c'est un utopotame. IDEALIGOTE  rêve conçu sous l'emprise d'un vin issu d'un cépage blanc de bourgogne. Attention l’excès d’idéaligoté peut provoquer des idéalambiquées IDEALCHIMIE suite complexe de réactions et de transformations à la rencontre de l’âme sœur. IDEAUTREMONDE: Rêve libertaire. Courant de pensée jadis à la marge, très en vogue depuis la crise financière d'octobre 2008.

 

Le Collectif ESORS (Et Si On Réenchantait le Social) rassemble des travailleurs sociaux s’intéressant à la démarche artistique et des artistes amateurs et professionnels qui interrogent les questions sociales. Ils travaillent collectivement à des spectacles ou des interventions théâtrales afin de soutenir une réflexion, illustrer un propos, venir en contrepoint d’une posture discursive. Ce sera la troisième fois qu'ils participent aux Rencontres Ici et Là.

vendredi 29 mai, Théâtre de la Commune, dans le hall puis au bar du Théâtre à partir de 19h00  (dîner-spectacle) Tarif : 16e (boissons non comprises), réservations indispensables au 01 48 33 16 16

Pour vous rendre au Théâtre de la Commune, passez par ici

November 24

En passant

Bon...je pourrais faire un copier coller du post de l'année dernière, indiquer que nous travaillons cette année sur le thème de l'utopie et de l'idéal, et vous dire que si l'écriture collective  vous tente, c'est ailleurs que ça se passe... ici précisément ...
Et puis une fois ceci dit... m'en aller... et m'en revenir l'an prochain pour d'autres propositions d'écritures...
 
Mais non ! C'est décidé... quelques fragmentaires, subjectifs, subversifs... impressionnistes que soient mes regards... il se poseront de nouveau par ici... pour le plaisir de vous les faire partager d'abord... et pour l'execice d'écritre que le blog m'impose d'autre part.
 
Enfin, si l'envie vous prend d'aller découvir, au delà de ces fragments une ébauche plus approfondie de mon travail photographique... c'est par ici
 
A suivre !
October 15

PROPOSITION D'ECRITURE

Je fais partie d'une association  le Collectif ESORS (Et Si On Réenchantait le Social) dont objectif   est de sensibiliser aux questions sociales par le biais de l'expression artistique et en particulier du théatre. Pour plus d'information sur l'association, cliquez ici)

Après avoir exploré l'année dernière la question des mères, nous avons décidé cette année d'explorer la thématique  Raison et Déraison.

C'est sur la base d'un atelier d'écriture que nous menons depuis début octobre qu'une création théatrale sera structurée, et qu'un recueil de textes sera édité.

Conscients par expérience, et par conviction que plus on est de fous plus on rit, et qu'une écriture à plusieurs mains (ou collective) foisonne de richesses, nous avons souhaité cette année proposer, en marge de nos rencontres un atelier "virtuel", via un blog, afin d'élargir les contributions, les imaginaires et les univers.

A ESORS, nous pensons, et nous faisons l'expérience que le niveau de langue, la syntaxe, l'orthographe et le niveau scolaire n'ont rien à voir avec l'envie d'écrire ensemble, et la richesse d'univers tissés à plusieurs mains...

Le principe de l'atelier est très simple: j'ai mis en ligne des propositions d'écriture, il s'agit de jeux d'écritures à plusieurs mains: c'est à dire que chaque personne prend la suite du précédent intervenant en s'inscrivant dans la suite de son récit. Libre à chacun de d'intervenir plus ou moins longuement.

Alors si l'aventure vous tente... n'hésitez pas à nous rejoindre.

 

C'est ici

 

N.B: si vos contributions devaient être utilisées pour le recueil ou la pièce, votre autorisation serait requise, et votre nom (ou pseudo si vous le préférez) serait mentionné conformément à la loi sur la propriété intellectuelle.

 

October 12

RENDEZ VOUS CONTE

recto affiche expoverso affiche  expo

 

Quelques petites nouvelles, en passant pour vous informer de mon exposition à venir près d'Orléans, si vous êtes dans le coin, n'hésitez pas à vous déplacer, ou à faire part de l'information à votre réseau !

May 22

changement d'adresse

Regards Impressionnistes change de nom et de forme:
 
Retrouvez désormais sur  Brèves de rue mon travail photographique au fil des jours. 
 
A bientôt
May 14

MATERGIVERSATIONS

Aprsè une année de travail, le 9 juin au Théatre de la Commune à Aubervilliers, "Matergiversations" voit le jour...
Si vous êtes francilien, n'hésitez pas à vous joindre à nous...
 
Et pour plus d'infos:
 
March 05

PHOTO DE FAMILLE

Bonjour,
Je fais partie d'une association: ESORS (Et si On Réenchantait le Social) qui est un  Collectif de création qui rassemble des travailleurs sociaux s’intéressant à la démarche artistique et des artistes amateurs ou professionnels qui interrogent les questions sociales.

Le parti pris de cette association est de créer collectivement des supports artistiques permettant de débattre des questions citoyennes et de donner à voir les problématiques à l’œuvre dans la société contemporaine.

 

Dans ce cadre là, nous animons le 9 juin au Théatre de Commune une journée sur le thème de la mère. A cet effet, nous mettons en scène une créatrion théatrale d'une heure, construite à partir d'un atelier d'écriture mené par notre association. Nous aimerions pourvoir également  projeter des photos à certains moments du spectacle. C'est dans cet esprit que je vous ai contacté

 

Je souhaite photographier des familles le plus simplement possible, telles qu'elle se composent ...les photos seront autant de reflets - pluriels -  de la famille en  France aujourd'hui...

 

 

Il est évident que votre photo ne sera projetée qu'avec votre autorisation écrite, et ne sera nullement réutilisée à d'autres fins que cette simple projection. (Si elles devait l'être, votre autorisation serait requise dans tous les cas).

 

Concernant le moment de la prise de vue, les règles du jeu sont simples: nous nous retrouvons là où vous le souhaitez, la seule chose qui vous est demandée... est de vous munir d'une cocotte minute, ou, à défaut d'une marmitte à couvercle.

 

Une seule photo de votre famille sera projetée au cours de la représentation, en revanche, je vous remettrai sur papier l'intégrale de la série faite lors de notre rencontre photographique.

 

Voilà ! Vous savez tout !

 

Si le projet vous intéresse, n'hésitez pas à prendre contact en écrivant directement à l'adresse suivante: anneiklem@hotmail.com

 

 

 

Anne

 

January 19

ZZZ lez retour

Le principe des Zebullitions est toujours le même: jeu d'écriture à partir d'une contrainte ou consigne donnée... et d'une photo.
 
A quoi pense Monsieur Martinez ???
 

 
 
didascalies : Mr Martinez, bien au frais  (un pull en été) se protège du soleil (lunettes) comme un touareg dans son désert...
la place Ducalle s'est vidée , dans son fourgon, il croise les bras en appui sur son comptoir et attend le client...
 
- Qu'est ce qu'il a à me regarder, Il veut ma photo peut-être ? il a jamais vu un glacier..
- Ha oui, il l'a faite, j'ai pas bougé, ça devrait le faire...  
 
Aleatoire
(http://untantsoitpeu.spaces.live.com/)

Qu’il est loin le temps et qu’il est long aussi,

Le tendancieux tic-tac tintinnabulant où l’on mangeait des glaces

Au soleil, tranquille, en trainant, sans tension,

Juste pour le plaisir de la rencontre sur la Place Ducalle

A la calée…

Du percolenteur de Laborde, à la sieste espagnole,

De l’art de mélanger l’été et sa chaleur au sucre froid des fruits,

Du temps à ne rien faire pour les foutres rien…

Du temps à vivre, à vivifier les papilles des passants rêveurs

Il ne reste rien…

Où sont-ils les vivants ?

Vers quel ailleurs exotique et productif les a-t-on enfermés,

Ligotés, emprisonnés, réduits…

La jeunesse anti-CPE est partie au meeting UMP,

Les enfants sont rangés dans des maternelles blindées

Remplies de psy détecteurs d’hypothétiques futurs délinquants

« Et les parents bossent…

Pendant qu’la police s’occupe de leurs gosses »

Aux urnes citoyens !

Et qu’il revienne ce temps béni de l’insouciance de la glace Martinez

Celle qui refroidirait même la braise !

Laissez tomber les pommes,

Mangez des glaces…

Des glaces et du temps…

Des glaces et des gens…

En passant…

Place Ducalle .

 

Silence

"Les temps sont durs : pas vu  une seule starlette, ni même un de ces  foutus journalistes  depuis le début du festival de Cannes ! "

24 janvier 21:56:01

CHARLIE
(http://db38.spaces.live.com/)

 

 

 

July 30

voyages

Je l'admets... ces derniers mois furent davantage occupés à saisir et ressentir le monde qu'à tenter de le retranscrire sur ce blog.
 
Mais c'est promis, d'ici quelques semaines, vous retrouverez ici quelques uns des voyages qui furent les miens ces derniers temps.
 
Bonne vacances, ou bon courage à vous.
 
April 21

La brève du jour 2

Sur mon cahier de rdv, ma secrétaire avait noté « 8101 FJ » : demande d’aide financière pour forfait journalier…

Un peu comme on entre en scène, j’ouvre la porte du bureau, m’avance dans la salle d’attente :

-          Madame François, annoncè-je d’une voix claire et profonde.

Sur le pas de la porte, poignée de main, sourire…

Lui ayant fait signe de s’installer, je rejoins mon bureau, et en farfouillant dans mes affaires à la recherche de sa fiche, je prononce d’un ton plus rassurant la formule d’ouverture rituelle :

-          Alors Madame…expliquez-moi ce qui vous arrive.

Elle a posé la facture sur le bureau, et sans me regarder…

 

-          Cette nuit là, ma fille a été hospitalisée parce que son père l’avait violée et battue à mort. Aujourd’hui, l’hôpital me demande de payer les 5900 €.

April 15

La brève du jour 1

Malika est venue me demander de l’aider à trouver un séjour de vacances pour personnes handicapées. Cet été, elle a envie de partir à la montagne.

Malika a 32 ans, elle souffre d’un problème osseux, et de troubles du comportement.

Il y a deux ans, elle a été victime d’un viol sur le quartier.

Désireuse de l’accompagner vers un séjour correctement adapté, j’appelle l’intervenante chargée de sa rééducation fonctionnelle, pour mieux appréhender ses potentialités de mobilité.

Nous faisons le point sur la situation, et le procès à venir.

-          Vous savez, me dit-elle d’un ton ampoulé, j’ai une solide formation en psychologie et psychiatrie.

-          Vous être psychologue, médecin ?

-          Non psychomotricienne (200 heures de psycho en 3 ans … comme les as !!!)

-          Malika, il faut savoir ce qu’elle veut… on ne peut pas à la fois souhaiter avoir un petit ami… et ne pas accepter de se faire violer… Et puis, franchement, il est préférable de se faire violer adulte que d’avoir un cancer généralisé, vous ne pensez pas ?  … Enfin…quoi qu’il en soit,  je vous envoie une brochure sur les séjours adaptés.

 

Quelques jours plus tard, je recevrai une plaquette sur les randonnées pour enfants hyperactifs de 4-17 ans.

March 25

ZZZ !

Après quelques semaines d'absence, me voilà de retour pour une nouvelle ZEBULLITION...
 
 
La consigne:
Vous êtes à la fenêtre... qui êtes-vous ?
 

 


Un môme de Championnet, de la mairie du 18éme, de Ferdinand Flocon et Eugène Sue, souvenirs d'enfance.
P'TIT LOUP
 

« Carillons, sonnez tous a cette capitale, que la guerre épargna

 et que la paix massacre » Claude NOUGARO

Je suis Paris…

CHARLES LE CABOUR

 
Je n'ai rien dit à ma fenêtre ce matin , c'est elle qui m'a réveillée: " dépêche toi , tu as oublié ta montre , et le soleil illumine le paysage depuis longtemps , regarde la chaine des alpes à droite , la neige intincelle sur les crêtes , et en face , depuis quand n'as-tu pas vu le Jura si proche , si beau ? les jours de pluie se sont succédés et l'horizon était bouché!"
  ah oui , je sais maintenant qui je suis! une petite savoyarde qui regarde la ville s'agrandir entre les monts , le rhône , la frontière suisse , et si je prenais le temps de les compter , chaque soir , je verrais une nouvelle lumière s'allumer sur le coteau en face , jusqu'à ce que le trait lumineux de la ville rejoingne ceux des petits villages dispersés.
et à mon tour , je questionne: " qui êtes vous travailleurs frontaliers , venus des 4 coins de france et d'ailleurs pour y chercher du travail , et peut-être , croyez vous , l'eldorado? ""
NADI
 
 
Je suis un pigeon qui d'un coup d'aile
va  s'envoler jusqu'au  Sacré-Coeur ;
et , au pied de l'autel,
 y roucouler une prière 
 pour échapper à la grippe aviaire
CHARLIE
 
Qui je suis? Mais j'essuis ! 
j'essuis la fenêtre !
Mais non je suis pas la fenêtre !
Je suis laveur de carreaux j'essuis !
là à la fenêtre je suis !
CARL
 
Comme chaque soir, je suis dans mon train.
Le train qui me ramène chez moi, chez lui...
Ce soir, j'ai de la veine, j'ai une place près de la fenêtre. J'y ai collé mon front  contre la vitre. Le contact froid et humide me tient éveillée, les vibrations des roues sur les rails me bercent de leur ronron métallique.
Mon regard est vide, il rêve d'ailleurs...
Toujours le même décor, le même défilement, jour après jour, la vie file à la vitesse de ce train, et je n'en vois rien de plus que ce grillage flouté par le mouvement.
Un grillage, une barrière...
Et si je la sautais ?
Lumière !
Un sursaut, je lève les yeux..
les dômes ! les flèches !
Mes pensées s'évadent, je tire le signal d'alarme, je brise la vitre, et je saute, je saute et je m'envole...
 
Pensée fugace,
le train poursuit sa route, et je suis dedans...
Demain, demain j'le fais... promis.
BRUME D'AVRIL
 
je suis à ma fenêtre. Les carreaux ne sont pas fait mais c'est pas grave. Je regarde les oiseaux picorer les miettes de pain que je leur ai jeté.J'ai les mains dans l'eau, je fais la vaisselle. Il s'approche derrière moi je sens son souffle sur ma nuque. Il enserre ma taille, repousse mes cheveux et pose un baiser dans le creux de mon cou. A tout à l'heure ma chérie ! Oui  à tout à l'heure.
 Je suis à ma fenêtre et je suis...heureuse !
BECQUETTE
 

Je me suis mis à la fenêtre ... un matin comme un autre entre les tours blanches et les tours noires un monde de tristesse apparaît ..... des larmes coulent sur Paris ..... et je fredonne cette chanson d'Anne vanderlove ... en regardant les enfants tout en bas sur le trottoir jouant sur le bitume mouillé de nuit ....

Les enfants tristes vont par deux
Ou seuls, suivant l'humeur du temps,
Suivant le jour, suivant le jeu,
Main dans la main ou bras ballants.

Les enfants tristes vont ainsi
Au carrefour de leur enfance,
Dans quelques jardins interdits
De vent, de pluie ou d'indolence.

Ils ont au tréfonds de leurs yeux
Des chevaux blancs et des navires
Et puis des larmes au milieu
De leurs chansons ou de leurs rires.

Les enfants tristes n'ont pas d'âge,
Hors de l'enfance et hors du temps;
Ils vont sans prendre de bagages,
Main dans la main ou bras ballants.

Il y en a, sans qu'on s'en doute,
Plus qu'il n'en faut, plus qu'on ne croit,
Des enfants tristes en déroute,
En quête d'un je ne sais quoi...

JF

 
parmis les goutes qui dégoutent de voir soleil
je suis la goute à la fenêtre
Celle qui est venue t'épier!
Si tu était sortie j'aurai choisi tes pieds !
Mais comme il pleut et que l'on n'y voit goute !
je m'ennuyais de pleurer avec le temps !
alors sur ta vitre je te regarde ni comprendre goute!
demain le soleil viendra sêcher ma vie et je retournerai en nuage
attendre le jour des goutes!
je goute avec plaisir de voir cette vie qui s'écoule en rivière de goute
c'est fou d'avoir choisi d'être une goute  à la fenêtre!
CARL
 
 
 
 
 

 

March 10

... et s'y casser les dents...

 
 
4 mars 2006
 
Je suis retournée près de Lariboisière, dans l'idée de retrouver les deux hommes photographiés au cours de ma balade du 7 ocotobre.
Le salon de rue s'est étendu. Ils étaient 3 en octobre, ils sont désormais 8, mais "Robin Williams et de Niro" ne sont plus là. Ils ont quitté le lieu il y a un mois. Personne ne sait où ils sont partis.
Seul deux des résidents sont éveillés. Ils est 17heures, ils mangent des bretzels, et des toast de tomates poivrées.
L'installation s'est étayée, et organisée fauteuil, meubles de rangements, déco...
Ils parlent peu français. L'un me taxe une clope, et s'éloigne.
 
L'autre homme, assis sur son fauteil directirial de bureau est accompagné de deux jeunes gens, 15- 16 ans qui s'embrassent avec l'ardeur retenue que l'on a à cet âge. Je devine qu'ils ne sont pas de la rue.
 
Le jeune homme parle un très bon français, un peu saccadé. La jeune fille, à la beauté encore enfantine, malgré sa tenue et son maquillage est sa petite amie.
Il est arrivé en France il y a trois ans, il vit avec sa mère, et Maciej (Matthias), l'homme de la photo est son père.
 
Maciej a l'allure de ces ours de la quarantaine entamée, roublard, de bière rondouillart, jean, cuir, anneau, et casquette vissée. Il y a un an, son épouse et lui se sont séparés. Sans titre de séjour, il a essayé de trouver du travail le matin sur les chantiers... et s'est cassé les dents.
 
Matthias se moque de mon pantalon de vareuze effrangé par l'usure, et me fait comprendre au travers de quelques bribes de français de lui rapporter sa photo.
February 22

...

En passant... simplement... l'envie de faire partager une photo d'un quartier auquel je suis très attachée, et dont on parle beaucoup dans les médias en ce moment...
 

 

A B., aux professionnels... aux habitants...

February 18

Sur une musique de... II

Dans le même esprit que le jeu photographique précédent, je vous porpose d'illustrer si vous le souhaitez la musique actuellement en écoute sur ce blog...
February 14

1eres Rencontres photographiques de Créteil

Si vous habitez la région parisienne, et si la photo engagée cous interesse, je vous engage vivement à découvrir les 1ères rencontres photographiques de Créteil qui se tiendront du 25/02 au 10/03
 
Parmi les multiples évenements proposés, des expos / débats, de photographes renommés (Depardon, Pasquiers, Coulon), et moins connus..., des ateliers, des marathons photos...
 

February 04

époustoufffffflante !

Mesdames,

 

Vous connaissez sans doute la chanson de Lynda Lemay... et vous avez sans doute mille fois éprouvé le sentiment qui est le mien depuis.... que je suis rentrée de chez le coiffeur...

 

Ca commence par vos copines de voisines qui vous disent "Va à L'Atelier, tu verras, tu demandes Sophie, c'est hyper sympa, et elle est vraiment pas conne"

 

Me voilà donc partie pour L'Atelier, salon de coiffure bobo d'un quartier parisien en cours de boboïsation...

Poussée la porte, ambiance sympa... vieille boutique repeinte à la chaux et aux pigments, sièges de coiffeur des années 50... on me propose de ranger moi-même mon manteau dans l'armoire... comme à la maison ...on se tutoie, on m'offre un café... et en attendant, je choppe sur un étagère "Le courrier international" (j'y crois pas !)

Bref, je suis plutôt bien moi, installée là à écouter un cd de Patricia Barber (j'y crois pas non plus !!!)...

 

C'est à l'arrivée de Sophie que tout a commencé

- Qu'est ce que je te fais ?

- (...) Euh, un truc dynamique, léger, et pas difficile à coiffer

- Ok, je vois, un truc style glamour, ça t'irait bien...

- GLAMOUR ? m'écriai-je déjà à moitié debout... prête à partir en courant

(petite pression ferme de Sophie sur mes épaules)

- oui, on garde de la longueur, on désaipaissit et effile au maximum, et on donne un côté un peu en bataille par un balayage

- ah oui bien sûr... ok ça roule,  dis-je rassurée à l'idée que cette description ressemble fort à ma coupe de cheveux habituelle, un peu intello de gauche à la Rimbaud (bobo moi ???)

 

Et nous voilà parties...

 Les 5 premières minutes, j'ai eu l'impression de ressembler à Mireille Matthieu (ummh glamour !)... les cinq suivantes à Serge Lama (tu parles d'un rafraichissement toi !!!)... juste après le séchage, à un loubavitch... couplée d'une nana qui se serait coupée les cheveux toute seule avec des ciseaux crantés... (genre palmier, sapin, ou pagode)... et après la wax (faut absolument que t'en achètes, c indispensable pour ta coupe...) et la cb (69 euros)... là devant ma glace... au chanteur d'I Muvrini... ou à Christian Clavier dans Napoléon....

 

J'adore la Corse... mais y a des limites...

 

January 30

En attendant Aléatoire...

30 du mois... cela aurait dû être la date fatidique de la parution du prochain thème de FENETRE SUR...
 
Mais il n'en sera rien. Tout d'abord parce que cet atelier photo a été conçu avec Aléatoire, et que sans elle, malgré la qualité de vos photos, je m'amuse beaucoup moins  ... et d'autre part...parce que ça me semble la moindre des choses que d'attendre son retour pour torturer vos méninges et susciter votre créativité...
 
En l'attendant donc, je vous propose un petit exercice photographique qui, me semble-t-il peut être intéressant...  Il s'agit pour vous d'évoquer, de représenter, etc... par le biais d'une ou plusieurs photos ce qu'évoque chez vous  la musique actuellement en écoute sur ce blog...
 
Bon amusement à vous !
 

 
SUR UNE MUSIQUE DE MILES DAVIS
 
 
 CHARLIE
 
CHARLES LE CABOUR
 
EOSSIENNE
 
ALSCYL
 
 
 
 
 
 
 
January 29

"La rue m'a pris autant qu'elle m'a appris"

Dans la rue tout le monde l'appelle Papy...  peut être parce que Kader a le sens de la débrouille, et ne manque jamais de rien... peut être aussi parce comme il le dit lui même, après 14 ans de rue, "je mets le pieds à l'étrier de ceux qui débarquent pour pas qu'ils s'enfoncent trop vite"
 
Papy a une règle de vie à la rue: ne jamais tendre la main pour conserver une bonne image de soi... et Papy me dit ne manquer de rien... d'autant plus depuis le défaut de fabrication d'un lot de tentes d'une grande chaîne sportive qui a valu à Médecins du Monde de pouvoir abriter pour l'hiver les personnes sans abri ne sollicitant pas le 115.
 
Papy est un homme du quartier, connu, et reconnu... il ne l'a quitté que 17 ans dans sa vie, le temps d'un séjour en prison; dont il garde avant tout le souvenir de Madame Patou, institutrice, qui lui a donné "les trippes d'écrire"... et Papy écrit avec des mots de Paris et de la rue qui sonnent juste...
" C'est pas la France d'en bas ici, c'est la France du sous-sol"
 
Papy est prévoyant: toujours un peu d'argent de côté, toujours un litre de rosé de côté... pour endiguer  la gigite du matin... 
 
Papy un garçon de 25 ans, et une fille de 23 ans, qui me dit-il a choisi de le rejoindre à la rue...
 
Papy a ses mythes, et ses légendes personnelles, l'empêchant de sombrer, et le maintenant dans un principe de rélité à peine altéré: " je suis là, c'est comme ça, je peux pas revenir en arrière, alors faut fair eavec c'qui a" .
 
Papy est un homme charmeur, au regard expressif, qui plait aux femmes, et il le sait... il me demande de le photographier, "c'est Brigitte qui sera contente",  me raconte qu'un portrait de lui a un jour été exposé...
Je reviendriai lui apporter ses clichés... en prendre d'autres peut-être, et continuer d'apprendre à connaître l'homme et ses légendes...
 
 
 
 
January 24

LES P.A. !!!

Je  suis à la recherche de nouvelles aventures photographiques afin d'étayer ma pratique...

Alors si certains parmi vous pratiquent: l'escrime, le tir à l'arc, la danse, la GRS, la poterie, le violoncelle, la boxe, l'acrobatie ou la jonglerie, les arts martiaux, le mime, (le point de croix ?), ou toute autre activité qu'ils auraient envie de faire partager... en Région Parisienne... n'hésitez pas à me faire signe !

January 22

EXPOSITION K4

Bravo et merci à l'ensemble d'entre vous pour vos participations au KALEIDOSCOPE 4... (j'espère n'avoir oublié personne... faites-moi signe si c'était le cas)
Saluons au passage l'arrivée d'une nouvelle participante: Girafelle
 
J'ai ajouté certaines indications des blogueurs, désireux de permettre de mieux cerner l'univers de leur prise de vue.
Pour les autres, n'hésitez pas à le faire en commentaire, et à réagir sur ce que vous inspirent ces photos...
 
 
LE TEMPS
 
GIRAFELLE - L'ombre, immatérielle, temporelle
 
JF - Le temps court les rues
 
BRUME D'AVRIL - Le temps
 
BECQUETTE- Le temps
 
 
CHARLIE - Horloge du Musée d'Orsay
La disproportion entre le personnage et l'horloge est censée suggérer que
face au Temps, nous sommes bien peu de chose. Je sais, c'est d'une grande
banalité, mais une des fonctions de l'image et du symbole, c'est de
redonner "aux grands meubles noirs et taciturnes la légèreté d'un arbre dans
le matin "
(René-Guy Cadou)
 
ALSCYL - Volontairement sans titre... comme d'hab !
 
ALSCYL - Automne en janvier... quand le temps ne résiste pas au temps qui passe
 
 
 
 
EOSSIENNE - "Horloge, Dieu sinistre, effrayant, impassible" (Baudelaire)
 
 
 
ETOURDISSEMENT
 
GIRAFELLE - Energie libidinale
 
JF - Et je m'étourdis de manège
 
BRUME D'AVRIL - Etourdissement
 
EOSSIENNE - Lulétourdie
 
 
CHARLIE - Vitrine de Noël du Printemps
Autoportrait dans un élément de décor en papier argenté froissé... 
L"étourdi" qui prend la photo est visible dans l'image...
Vous connaissez le jeu : "Où est Charlie ?" ?


Petite expo dédiée à Aléatoire... pour qu'avec le temps et en s'étourdissant de Miles Davis, d'art (et d'antalgiques !!)... les forces reviennent...
Bon courage à toi...

 
 
January 17

Imagerie des pauvres, ou révélateur social ?

Je vous propose la lecture de ce texte extrait du Monde diplomatique d'octobre 1995 qui m'interroge sur le place du photographe social...
N'hésitons pas à en discuter !

 
Ambiguë, l’imagerie des pauvres...
 

Massivement, l’« exclusion », les pauvres sont désormais mis en scène à travers les images. Mais ce spectacle sert-il à déranger ou, au contraire, à conforter un certain ordre, à réconforter les « inclus », à leur faire accepter un sort qui n’est souvent pas très enviable ?

   
 
 

ADOSSÉE contre une porte, assise sur un siège de fortune, elle tient entre ses mains, posé sur ses genoux, un petit panier au fond duquel gisent quelques pièces de monnaie. Quoique reléguée bien bas parmi les humains, elle se tient droite. Son attitude est « digne », sa mise impeccable, ses yeux, dissimulés derrière des verres à fort grossissement, regardent le destin en face, n’implorant rien ni personne. A côté d’elle, une autre femme _ ou une jeune fille, de son visage caché par quelques pages de magazine on ne distingue qu’un oeil _ se loge plus bas encore, confinée à même le sol dans l’encoignure du pas de porte. Un peu d’argent, rassemblé à ses pieds dans une sorte de boîte à sardines, semble avoir été échangé contre des images religieuses. Quel coup du sort a enfoncé ces deux femmes de Madrid en dessous de la ligne de flottaison, les a réduites à observer, pour ainsi dire en contre-plongée, les citoyens « normaux » voguant vers leurs occupations ordinaires ? La photo ne nous le dit pas. L’homme a clairement la tête hors de l’eau. Son visage est hors champ, tout à la fois invisible et aveugle, à l’abri des aléas de la vie. Anonyme en costume sombre et cravate repassée, mains croisées derrière un dos rigide, il passe son chemin, d’un pas si pressé que ses chaussures, qu’on imagine bien cirées, échappent au cadre de l’objectif. Distribuée par l’agence Vu (voir ci-dessus), cette photographie appartient à un lot soumis, lors d’une émission sur l’Europe diffusée par la chaîne de télévision franco-allemande Arte pendant la campagne présidentielle française (mars-mai 1995), au commentaire de chaque candidat (1). Seuls M. Philippe de Villiers et Mme Arlette Laguiller l’avaient retenue. Le premier l’interpréta comme « une sorte d’allégorie de ce qu’est l’Europe aujourd’hui ». Pour la seconde, c’était plus simplement « le symbole de l’Europe des riches d’un côté, des pauvres de l’autre ». Aucun des deux n’avait noté qu’il s’agissait de mendiants, figés dans l’archétype charitable d’une « sortie de messe ». De son côté le photographe, en fixant cette scène, prolonge une iconographie séculaire, disons _ puisque nous sommes en Espagne _ celle du réalisme d’un José de Ribera (1591-1652) ou d’un Murillo (1618-1682), en passant par Madame Boucicaut faisant le bien, cette sculpture pompier qu’on pouvait voir il y a encore vingt ans trôner à Paris dans le square portant le nom du mari de ladite dame, Monsieur Bon Marché. Ces pauvres-là sont acceptables, leur image est depuis le Moyen Age intégrée au paysage. Ils n’inquiètent pas comme le spectacle de cette mendicité nouvelle, « abusive », de jeunes gens « agressifs », « sales », « avec des chiens », qu’en France des maires soucieux d’une bonne gestion municipale se sont efforcés tout au long de l’été d’escamoter à défaut de pouvoir en éradiquer les causes. Depuis ses débuts, la photographie « humaniste » a installé la misère en toile de fond, sinon en fonds de commerce. Atget (1857-1927) dressa le catalogue des petits métiers parisiens voués à disparaître. Avec les opérateurs américains surgirent encore d’autres pauvres, délaissés ou au contraire exploités par la révolution industrielle. Jacob Riis, immigrant danois débarqué à New York en 1870, devint reporter photographe pour révéler aux habitants du centre-ville la noirceur des bas-fonds de Manhattan (2). Lewis W. Hine dénonça la condition d’enfants et d’immigrés filtrés par les fonctionnaires d’Ellis Island. Dorothea Lange et la douzaine de reporters mandatés par la Farm Security Administration rapportèrent entre 1935 et 1942, sous la houlette du sociologue Roy Stryker, 270 000 clichés montrant crûment les ravages de la crise économique aux États-Unis. Les portraits de marginaux plus ou moins monstrueux exécutés par Diane Arbus ébranlèrent certitudes populaires, conformisme national et confiance dans la norme. Eugene Smith, opérant pour le magazine Life, puis pour l’agence Magnum, consacra l’aura d’une photographie militante, concernée (3). P assionnément réformateur, animé des meilleures intentions, le photographe « social » somme le monde moderne de se reprendre. Déclencheur de mauvaise conscience, amplifiant la visibilité des scandales du « progrès », il veut rendre service, ébranler l’assise d’un spectateur nécessairement bourgeois, comme est forcément honnête le commerçant incommodé par la proximité physique d’un mendiant « agressif ». Ce faisant, il épouse par la grâce des bons sentiments le point de vue dominant de la société, en adopte in fine les valeurs fondatrices, que ses clichés prétendent pourtant torpiller. Car, pour émouvoir son destinataire et mouvoir le « décideur » qui y sommeille, il lui faut partager avec eux une même foi dans l’avenir de l’ordre social. Tout au plus leur signale-t-il, au nom du « progrès », des incrongruités qu’une syntaxe, un langage en définitive communs iront ranger dans ce capharnaüm qu’on appelle aujourd’hui l’« exclusion ». S’y mêlent et s’y perdent toutes sortes de « pauvres » qui n’ont rien de commun, pauvres sans toit ni revenu, pauvres salariés, pauvres d’esprit, non-salariés payés au lance-pierre, clochards classiques et « nouveaux pauvres », « accros » de la rue, marginaux volontaires comme involontaires, familles trop nombreuses et pauvres sans famille. Grâce aux habits neufs de l’« exclusion », tous bénéficient d’un regain de photogénie mais s’abîment du même coup dans la confusion, l’indifférence du regard, l’indifférenciation de la pensée. Établir le scandale de l’« exclusion », en accréditer l’idée et le mot (4), revient, pour louable qu’en soit l’intention initiale, non seulement à recouvrir (donc à masquer) une infinité de cas dissemblables, dont l’examen particulier se révèle explosif (5), mais à conforter son contemplateur dans sa position symétrique d’« inclus », dans sa certitude inverse d’appartenir à un ensemble social, somme toute amène, hormis la menace d’un châtiment économique. Ainsi, pour convoyer son message, pour nous toucher, la scène des mendiantes madrilènes s’organise selon une grammaire immuable. De même que la petite fille affamée d’Ayod ne serait rien sans le vautour qui la guette (6), la condition « déplorable » de ces deux femmes puise contraste et relief dans l’anonymat, l’indifférence du passant. Lui, ce passant cossu sans traits ni trace d’humanité, c’est évidemment chacun de nous, sujet principal d’une image apparemment penchée sur l’« exclusion », tandis qu’elle n’est, en vérité soucieuse que de la morale, et surtout du moral, des « inclus ». De ce passant madrilène rendu antipathique par le talent sympathiquement manichéen d’un photographe, que savons-nous ? Qu’il a certes la chance de n’avoir pas à mendier, dispose encore du luxe de poursuivre sa route. Son contrat de travail en poche (un privilège, à ce qu’il paraît), peut-être se rendra-t-il demain lundi à son bureau ou à son atelier, mais l’estomac lesté d’angoisse, chaviré d’avance par la perspective d’humiliations consenties en échange d’une indispensable fiche de paye. Peut-être est-il, lui aussi, un « pauvre », qui le soir venu regagnera son foyer, y ôtera ce qui n’était que son costume du dimanche, y retrouvera l’amour de sa femme et de ses enfants, jouira enfin de sa vie « privée », mais privée du même coup de la résonance publique de sa parole, de son mot à dire que d’autres, maîtres de toutes les tribunes, énonceront à sa place dans des termes qu’il récusera confusément, inaudiblement. De là, malgré son « inclusion » économique, ce sentiment d’éloignement du corps social, de tristesse indéfinissable. Et d’où ce renversement : en négatif de cette imagerie, c’est moins le chômage que le travail tel qu’il pèse, et, plus que l’« exclusion », l’astreinte à l’inclusion, ce onzième commandement, qui se liraient comme problématiques inédites de nos vies modernes. Il ne s’agit pas, bien entendu, de prétendre qu’est enviable le sort, en France, de trois millions de chômeurs, dont presque un tiers de longue durée, de près d’un million de RMistes, d’au moins la moitié de sans-abri et de beaucoup plus de mal-logés, auxquels s’ajoute une population indécelable par la statistique. Mais de suggérer que, en englobant une diversité d’individus sous le terme générique d’« exclusion », on veut finalement n’en rien savoir, ignorer par exemple qu’en province et au-delà, certains RMistes s’intègrent mieux à leur voisinage campagnard que bien des citadins actifs à leur environnement urbain (7). On perpétue de la sorte l’idéologie du travail rédempteur, quitte à retarder la vision et, pourquoi pas, l’avènement d’une société dont le travail, contre toute attente bien-pensante, ne serait plus la clé unique (lire l’article de Bernard Cassen, page 7). L’ « exclusion », la mise en scène désagréable de sa prononciation comme de son spectacle, est, à proportion du dérangement qu’elle occasionne et du dérèglement qu’elle signale, finalement réconfortante pour celui qui y échappe. Le destinataire de l’imagerie des « exclus » s’abstrait de la scène, s’enrôle de facto dans le bataillon rassurant des « inclus », membre a contrario honorable d’un ordre, de ses déclinaisons associatives et institutionnelles, dont le romancier américain Kurt Vonnegut Jr fit éclater l’absurdité par le néologisme génial de « gogotruche » (8). La fiction d’une société, alors qu’on en admet et promeut par ailleurs la fascinante complexité, où l’ultime scansion se réciterait dans la catéchèse de l’« exclusion », de la division martelée entre chômeurs et « inclus » n’est-elle pas en effet dérisoire, dépourvue de finesse d’observation comme d’ambition visionnaire ? « Est-ce la nécessité qui pousse l’homme à travailler ? », demandait cette année l’examinateur aux candidats à l’épreuve de philosophie du baccalauréat (académies de Dijon et de Besançon). Certains développements ne plairont guère à l’économiste, à l’homme politique ou à l’entrepreneur, qui se satisfaisaient mieux d’une image certes humainement un peu choquante mais tactiquement utile.

 
 

Par Edgar Roskis
Journaliste. Maître de conférences associé au départeme nt d’information-communication de l’université Paris-X (Nanterre).

 

 

(1) Hormis M. Jacques Chirac. « Paroles de citoyens », une coproduction Point du Jour-La Sept-Arte, réalisée par Philippe Ronce.

(2) Jacob A. Riis (1849-1914) fut journaliste au Tribune, attaché au commissariat de Mulberry Street. Il s’adonna à la photographie pour convaincre les lecteurs incrédules de la véracité de ses articles. How the Other Half Lives (« Comment vit l’autre moitié ») est son oeuvre la plus connue.

(3) La notion de concerned photographer, dont la traduction la plus proche serait « photographe impliqué », s’oppose à l’idée d’un simple témoin, froid et « désengagé ». Elle est effectivement consacrée par l’oeuvre d’Eugene W. Smith, dont une fondation, distributrice de bourses, porte aujourd’hui le nom.

(4) C’est M. René Lenoir, inspecteur général des finances et ancien directeur de l’École nationale d’administration (ENA), qui attira dès 1974, alors qu’il était secrétaire d’État à l’action sociale sous la présidence de M. Giscard d’Estaing, l’attention sur les exclus. De là date la bonne fortune de l’« exclusion » comme outil officiel de perception de la « fracture sociale ».

(5) Ainsi La Misère du monde, série d’enquêtes menées sous la direction de Pierre Bourdieu (Le Seuil, Paris, 1993).

(6) Voir Edgar Roskis, « Images et vautours », Le Monde diplomatique, août 1994.

(7) D’où la perplexité où laisse l’ambition de M. Eric Raoult, ministre de l’intégration et de la lutte contre l’exclusion, avant M. Alain Madelin, ministre de l’économie démissionnaire, d’assujettir l’attribution du RMI à l’exercice d’on ne sait quel devoir, d’une activité qui n’existe plus ou pas encore, figeant ainsi son actuel bénéficiaire dans la situation désespérante d’une double contrainte. Dans la culture du ministre, l’attribution d’un revenu que ne compense aucun travail serait le principal facteur d’« explosion sociale ». Qui veut s’asseoir sur la bombe que déclencherait sa suppression ?

(8) Kurt Vonnegut Jr, Le Breakfast du champion, coll. « Fiction & Cie », Le Seuil, Paris, 1974. * Journaliste. Enseigne les mécanismes du photojournalisme à l’université Paris-X (Nanterre) et à l’université Paris-XIII (Villetaneuse).






January 15

FENETRE SUR... ARTIFICIEL // COULEUR CONTRASTE SATURATION EXPOSITION

 
Exercice de style photo...
 
 
Quand plusieurs blogphotographes se rassemblent cela donne:
 
 
Fenêtre sur...
 
 
Atelier-Album autour d'un thème défini tous les 15 jours
 
 
Une fenêtre permanente dans laquelle:
 
Les blophotographes vont croiser leur regard sur un thème commun
et avec une contrainte adaptée à chaque thème
 
 
Le premier thème: pluie
 
Sa contrainte: de goutte en goutte
 
 
 
 
Le deuxième thème:  La souplesse (en mouvement)
 
Sa contrainte: Le filé (vitesse lente)                   
 
 
 

 
 
Le troisième thème: métissage
 
Sa contrainte: Noir et blanc

 
 
 
Le quatrième thème: Toilette(s)
 
Sa contraite: Fraîcheur, bleu comme une orange
 

 
 
 Le cinquième thème: artificiel
 
La contrainte: couleur, contraste, saturation exposition
 
 
 
 
Cet exercice interactif que nous nous proposons est affiché en fenêtre permanente, et sera mis à jour et publié chez Aléatoire et Eossienne 
 
 
 
L'adresse de réception des photos: fenetre.sur@hotmail.fr
 
jusqu'au 30 du mois
 
Nombre de photos: 4 maximum (titre et numéro, en format jpeg < à 1M si possible)
 
IMPORTANT: Si vous désirez croiser vos regards sur cet exercice, merci d'afficher dans un billet toute la partie orange de ce message et vos photos à la suite sur votre blog.
 
N'oubliez pas de signaler votre participation par mail, ainsi la liste des participants sera mise à jour
 

 
En fonction de votre débit internet et de la stabilité du site hébergeur,  l'affichage des photos peut-être plus ou moins lent... soyez patient ! 
 
Dans cet album, les regards croisés de :
 
 
Grille âgée
 
Débullition
 
"Art Tifi : Ciel ... Comment ça vous ne connaissez pas l'arttifi ?"
 
 
 
"Art Tifi : Cieux ... Ben oui, encore lui, le Tifi !"

 
EOSSIENNE
 
Strass et paillettes
 
Un samedi soir sur la terre
 
ArtifiCIEL 1
 
ArtifiCIEL 2
 

 
Pamukale
 
Fougères
 
Joke
 
Coquelicots
 

 
Parti en fumée
 
Pétales
 
Pont d'or
 
 
Techno hibiscus
 
 
 

 
 
 
 
Bonbons Venise 2
 
Bonbons Venise 3
 
 
Bonbons Venise 5
 
Bonbons Venise 6
 
Feu d'artifice 1
 
Feu d'artifice 2
 
Statue vivante 1
 
Statue vivante 2

 
Bleu comme une orange !
 
Eaux d'or mentent
 
Rose verte pour Léo
 
Si tu veux on va l'inventer
 
Sang d'eau

PARIS EMOI (Françis)
 
Artifice-ciel 
 

 
Volontairement sans titre 1
 
Volontairement sans titre 2
 
Volontairement sans titre 3

 
Culture et dépendances
 
Chapelle pour religion artificielle
 
Mauves narcisses
 
Artifice portrait

PHOTECRITURES
 
Les photos de l' album "fenêtre
sur..." inspirent parfois des "images internes" en voici quelques clichés proposés par Carl en forme de Carleries... 
 
Photo 1
 
Les pieds dans l'eau fraîche, le ciel s'embrase! Dans un bruit assourdissant les verts bleus rouges éclatent en étoiles illuminant l'instant de nuit d'avant ! Sur les remparts de Collioures un brouillard rouge et blancs remplit l'air sec du soir! les yeux rougis dans un calme d'esprit amusé j'admire le tonnerre de poudre qui m'entoure, je respire avidement l'odeur de poudre qui sature le port!
 
Clic clac photo........j'appelle l'image " Artifice Ciel" 
 
 

photo deux


Un Blanc, un noir, un rouge, un jaune, un noir, un rouge, un blanc, un jaune, un rouge, un noir , un blanc, un jaune, un rouge, un noir , un jaune, un blanc..........un bleu ...un bleu! comment çà un bleu ? , c'est pas naturel ça!..... Qu'est ce qu'il fait là le schtroumpf ?

Clic clac photo ......j'appelle l'image " Sur nature, elle! ou Ire réel ?"

 

Photo trois
 
Saturation de vert, dans un prés de trèfle sous le rayon vert du matin là deux petits pois sont verts......ben non les petits poissons rouges voyons...ah oui.....sat en rouge alors le soleil au couchant rouge des petits poissons rouges dans la mer rouge......héhé t'es con la mer rouge est bleu........Ah oui  tien ... Bon ben le ciel bleu dans la mer rouge toute bleu et un requin bleu....ça va .... ben non les requins bleus sont gris.......grrrrrrr gris comme mes cheveux que tu dresses sur ma tête avec tes réflexions...........
 
Clic clac photo ................ J'appelle l'image " L'art tifs hissent ciel "
 
photo 4
 
Normalement à gauche c'est rouge ou rose mais ya aussi des verts rouges ou rose vert, et aussi des rouges et noirs , Autrement à droite c'est bleu, mais il ya aussi des verts bleus des bleus ciel mais aussi des bleus roi, avec un lys blanc dedans on dit qu'ils sont blanc, Oui mais y a des neutre aussi qui se disent blanc, mais des fois ils sont rose clair ou bleu pastel, c'est le centre qu'on dit! Aux extrêmes ya encore des rouges des rouges et noirs et de l'autre des noirs........... Hein? ah ben non c'est des hommes quand même ya de tout des blancs mais aussi des noirs des jaunes des rouges pas trop je crois sauf à gauche d'accord des hommes blancs rouge du coup ben oui comme des hommes noirs bleus, quand je dis des hommes ya des femmes.............stop je sature là!!!!!
 
clic clac photo ............ j'appelle l'image " là sans blé nation hâle"    
January 14

... Reminiscences...

La "réserve citoyenne de la police nationale"... ça vous dit quelque chose ?
 
... Et ça vous fait quoi ?
January 11

ENFIN !

J'étais déjà passée devant... je l'avais même photographié, ce bar, vestige du vieux Belleville, aux pieds des tours nouvelles... sans me douter...
 
J'ai fait aujourd'hui, virtuellement*, une rencontre bien "étrange", et si "naturelle" à la fois... celle du BAR FLOREAL... au comptoir duquel parmi d'autres, OLIVIER PASQUIERS promène son regard sur le monde...
 
 
 

Olivier PASQUIERS, Maux d'exil

 
 
* Merci JF de m'avoir fait connaître "Réponses photos" !